By: Kiran Brar, Sabrina Furlong, Émilie Gariépy, Frédéric Giguere, Camille Gingerich, Stacey Huras, Paige Snowdon, Gina Thompson

Étudients de la langue française de l’université Wilfrid Laurier

Tartuffe, du théâtre L’On Donne, a conquis son public dès la première représentation. La pièce de Molière, mise en scène par Mario Longtin, professeur au département d’études françaises de l’université Western, jouait du 20 au 24 mars sur la scène McManus du Grand Théâtre de London en Ontario.

Des étudiants de deuxième et troisième cycle à l’université Western ont interprété avec brio ce « diamant brut de la littérature française », selon M. Longtin. 

La pièce faisait déjà scandale au XVIIe siècle, en contant l’histoire d’un imposteur qui se fait passer pour un homme de religion afin de mieux manipuler une honnête famille. En trois siècles, le thème n’a pas pris une ride.

« On est dans un monde d’hypocrisie et d’imposteurs, » s’exclame Mario Longtin. « On ne sait jamais si on est dans le vrai ou dans le fake news, » ajoute-t-il.

« Au début, quand on pense Molière, on pense très sérieux, on pense très compliqué, c’est vraiment du classique… et pourtant, on a fait quelque chose qui fait beaucoup rire, » soutient Stella Pei, qui interpréte le rôle de Cléante.

Très souvent comparé à Shakespeare, Molière exerce toujours la même fascination sur le public contemporain, en tirant sur toutes les ficelles de la comédie. Les choix de la mise en scène de Mario Longtin, ont consisté à moderniser la pièce pour accentuer les effets comiques.

Plusieurs personnages ont subi une cure de rajeunissement comme « le personnage de Damis qui est [normalement] joué de manière très sérieuse », affirme Florian Ponty, qui joue Damis. « On a essayé de travailler ce personnage pour qu’il soit plus comique, » poursuit-il.

« Excellentissime. »

« C’est comme s’ils étaient plus connectés que nous » (Tetzner Bien Aimé – Tartuffe)

Un public nombreux a assisté à la première en cette soirée du 20 mars. Les éclats de rire se sont fait entendre dès les premières minutes, puis sans interruption jusqu’au dénouement. « Excellentissime ! » s’est exclamé Tetzner Bien Aimé, qui incarnait Tartuffe, à propos de la réaction du public.

« C’est comme s’ils étaient plus connectés que nous », renchérit-il.    

« On l’a tellement joué que l’on ne rit plus à nos blagues, mais [le public a ri] tout le long de la pièce, » mentionne Stella. L’enthousiasme de la salle a contribué au succès retentissant de cette première.

Cela a été un succès bien mérité. La troupe de M. Longtin a travaillé d’arrache-pied. Les jeunes acteurs se sont vraiment approprié les personnages de Molière. Ils ont même pris la liberté de réinventer certaines scènes.

Une scène marquante parmi d’autres est celle de la révélation des mensonges extravagants de Tartuffe. Dans la pièce de Molière, le personnage de l’épouse use de ses charmes pour pousser Tartuffe à se démasquer.

Dans la version du théâtre L’On Donne, la ruse passe par une provocante routine de yoga. Et ça fonctionne : notre époque n’échappe pas au malaise associé au désir et au regard des autres.

Cette année, la troupe n’a pas oublié le jeune public. Vendredi matin, le théâtre a fait salle comble en accueillant les écoles secondaires francophones de la région. Le dynamisme de la Francophonie à London n’est pas une imposture!